Suite aux rencontres en porte-à-porte, en immersion dans la rue et aux réunions régulières d’habitants, un autre problème flagrant est apparu au sein du quartier de Villejean en septembre 2017 : depuis le mois de juillet, Villejean était recouvert de poubelles qui débordaient et s’entassaient partout dans le quartier. Les conséquences ? Une invasion de rats a commencé à apparaître, sans compter des odeurs nauséabondes dans tout le quartier… La colère des habitants du quartier s’est finalement transformée en décision de comprendre les causes de cet état de fait, tout à fait nouveau. Ils ont donc décidé, avec les salariées de Si on s’alliait ? de chercher si le système de collecte des déchets avait changé et donc de réaliser un travail d’enquête. Résultat des investigations ? Rennes Métropole avait décidé de diminuer le nombre de ramassage de poubelles dans le quartier de Villejean : de deux passages par semaine auparavant, il n’y en n’aurait désormais plus qu’un. Pourquoi cette décision unilatérale ?
Car le nombre de détritus destinés au tri sélectif devant augmenter, les poubelles normales, de déchets résiduels, seraient moins remplies. Des sondes confirmaient alors le fait qu’un seul passage de collectes par semaines suffirait. Mais dès début juillet, les containers ont commencé à déborder. Par conséquent, les poubelles étaient jetées à terre, à côté des containers, engendrant des odeurs abominables, et l’arrivée de rats… De plus, les changements d’horaires de la collecte des déchets ont créé une désorganisation et, dans ce cadre, de nombreux containers restaient dehors.
Les habitants ont alors décidé de prendre rendez-vous avec le service des déchets de Rennes Métropole.
Une première réunion eu lieu le 6 novembre 2017 avec un agent technique de Rennes Métropole. Mais n’ayant aucun pouvoir décisionnel dans la réorganisation de la collecte des déchets, le technicien présent ne put apporter aucune solution concrète et satisfaisante. Il promit d’en parler dès le lendemain à l’élu concerné. Mais, trois semaines plus tard, la situation sur le quartier n’avait toujours pas évolué et les poubelles continuaient à s’entasser.
Les habitants de Villejean décidèrent alors de se rendre, le 30 novembre 2017 au Conseil de Rennes Métropole pour se faire entendre. Ils se sont même donné un nouveau nom, spécialement pour l’occasion : « Le collectif Poubelles la vie ! ». Après avoir mobilisé leurs voisins et leurs voisines, une trentaine d’habitants furent présents, le jour du conseil métropolitain, munis de masques de rats et de photos de poubelles…
La mobilisation des professeurs de Rosa Parks, des parents d’élèves et des habitants de Villejean pour garder le site Malifeu sur leur collège !
En décembre 2017, le Conseil Départemental d’Ille-et-Vilaine et le rectorat ont décidé de fermer le site Malifeu du collège Rosa Parks sur le quartier de Villejean !
Le collège Rosa Parks de Villejean, quartier prioritaire de la ville de Rennes, est constitué jusqu’à aujourd’hui de 2 sites bien distincts : le site Malifeu et le site Montbarrot (collèges indépendants jusqu’en 2008, année de leur fusion, ce qui a constitué le premier jalon d’une économie de moyens éducatifs).
La décision de fermeture concerne le site Malifeu. Cette décision, qui rentre dans le cadre d’une resectorisation plus large au niveau des collèges rennais, fut prise sans aucune concertation, ni des professeurs, ni des parents d’élèves, ni des syndicats.
Quelles sont donc ces conséquences ?
Les parents d’élèves auront a priori la possibilité à la rentrée 2019 de proposer à leurs enfants d’allersoit sur le site restant de Montbarrot, soit d’aller dans des collèges du centre-ville.
Or, aucune de ces solutions ne paraît satisfaisante que ce soit pour les élèves, pour les parents ou pour les professeurs.
En effet, les parents d’élèves du collège sont unanimes pour dire qu’ils préfèrent que leurs enfants restent à Villejean, dans la mesure où leurs enfants devront prendre le métro et auront un temps de trajet beaucoup plus important pour se rendre dans les collèges du centre-ville (jusqu’à 35 voire 45 minutes contre 5 minutes auparavant) ; sachant que les frais de transport ne seront pas pris en charge ainsi que ceux de la cantine (aujourd’hui, sur Villejean, la plupart des élèves rentrent manger chez eux le midi). Les parents sont en colère car ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient mettre leurs enfants dans un collège du centre-ville alors qu’un collège existe au pied de chez eux.
C’est pourquoi, l’ensemble des parents d’élèves du collège rencontrés préfèrent que leurs enfants aillent sur le site qui restera : le site Montbarrot.
Or, pour ce site, une augmentation considérable du nombre d’élèves est donc prévue (de 300 aujourd’hui à possiblement plus de 600), avec une possible diminution du personnel, en termes de CPE, personnels d’entretien, assistante sociale. Les élèves seront donc moins bien accompagnés dans leur scolarité et moins bien encadrés.
Les professeurs du collège déplorent déjà aujourd’hui, sur les 2 sites existants, des situations de violences grandissantes (entre les élèves et entre les élèves et les professeurs). Bien que des travaux soient prévus sur le site Montbarrot afin d’accueillir un plus grand effectif d’élèves, les parents et les professeurs sont opposés au projet de réunir tous les élèves sur le même site. Au vu des réalités actuelles, le climat du collège deviendra inévitablement explosif générateur de brutalités et de grandes souffrances aussi bien pour les élèves que pour l’équipe pédagogique.
En outre, et malgré l’avis contraire de M. Pichot et M. Willhelm, respectivement élu départemental à l’éducation et inspecteur d’académie pour l’Ille-et-Vilaine, une étude de l’éducation nationale démontre clairement que dans les quartiers dits « défavorisés », le niveau de réussite des élèves baisse directement avec l’augmentation de la taille de l’établissement.
Pour ces raisons, les parents d’élèves ont décidé de se mobiliser pour le maintien d’un collège Malifeu à part entière et de rejoindre la mobilisation des professeurs du collège qui avait débuté depuis décembre 2017.
Lors d’une réunion sur le quartier de Villejean, le 18 avril 2018, regroupant parents, professeurs et habitants, tout le monde a pu témoigner et s’exprimer sur l’importance de garder le collège Malifeu. Une revendication a été collectivement affirmée : « deux vrais collèges publics de qualité sur Villejean, des filières attractives, des projets pédagogiques ambitieux et une équipe pédagogique dans chaque collège ».
Une pétition a alors été réalisée et des parents d’élèves ont été les faire signer à la sortie des écoles primaires du quartier, dans les commerces, sur le marché… Parallèlement, une demande de rendez-vous avec l’élu départemental à l’éducation et à l’inspecteur d’académie fut faite par les parents d’élèves et les professeurs.
Un rendez-vous fut obtenu le 15 juin 2018. Néanmoins, malgré la pertinence des arguments apportés par les membres de la délégation (parents, professeurs, associations du quartier) et l’absence flagrante de concertation avec les premiers concernés quant à la décision de fermer le collège, M. Pichot et M. Willhelm n’ont pas accepté de revenir sur la décision et de requestionner la pertinence de la fermeture du collège.
C’est pourquoi, le 21 juin 2018, une trentaine de parents d’élèves, de professeurs et des habitants du quartier ont décidé d’aller au conseil départemental pour rendre les pétitions, avec des masques de Rosa Parks et de prendre la parole lors de l’Assemblée départementale où serait présent, M. Pichot.
Les mères d’élèves et des professeurs ont témoigné à tour de rôle, depuis l’estrade, à l’ensemble des élus présents, de l’importance de garder le collège, et de l’absence totale de concertation autour de la décision de fermeture. Ensemble, ils ont demandé une nouvelle concertation pour éventuellement remettre en question la décision. Une délégation a été reçue par, M. Bondiguel, Directeur du cabinet du conseil départemental, qui a proposé une nouvelle rencontre de concertation au mois d’octobre avec les parents d’élèves, les professeurs et les habitants pour voir avec les personnes concernées les conditions d’application de la décision de fermeture.
Notons que les parents d’élèves et les professeurs du collège de Villejean étaient soutenus ce jour-là par l’ensemble de la coordination d’acteurs qui s’oppose à la nouvelle carte scolaire sur toute la ville de Rennes. Cette coordination est activement intervenue auprès de la ville de rennes, de Rennes Métropôle et du Conseil Départemental
Depuis la rentrée de septembre 2018, les parents d’élèves et les professeurs continuent à se mobiliser pour alerter un maximum de parents et d’habitants de la fermeture de Malifeu et pour maintenir la pression sur le conseil départemental : distributions de tracts à la sortie du collège, les écoles primaires du quartier, pétitions, réunion publique, « Porteur de parole » sur la Dalle Kennedy ont été ainsi été mis en place.
Le 3 octobre au soir, parents d’élèves, professeurs et habitants de Villejean ont interrompu la réunion de présentation du bilan de mi-mandat des conseillers départementaux de la majorité et ont réitéré leur demande d’un report de la décision pour une vraie concertation avec les personnes concernées (parents, profs, personnels administratifs).
Des prises de parole fortes de parents désarçonnés ont semblé un peu émouvoir certains des nombreux participants, mais M. Chenut, président du Conseil Départemental d’Ille-et-Vilaine est resté campé sur ses positions.
Le 18 octobre au soir, la réunion « promise » par le département en juin 2018 a bien eu lieu une nouvelle fois en présence de M. Pichot et de M. Wilhem accompagnés de membres de leurs équipes respectives. Notre délégation était composée de parents d’élèves, d’habitants et d’associations de Villejean, des enseignants de Rosa Parks, des représentantes départementales du SNES, de FO, ainsi que de la FCPE.
Face aux multiples et solides arguments mis en avant par ce front commun pour défendre la qualité d’accueil des collégiens à Villejean, les réponses restent évasives et M. Pichot n’accorde aucune importance à l’argumentaire et aux témoignages.
Très posé au départ, le débat s’est peu à peu envenimé et M Pichot a fini par dire, alors qu’aucun contre argument valable n’était apporté, qu’il n’était pas question de revenir sur la décision prise.
Devant une telle mauvaise foi et un tel entêtement, les professeurs mobilisés, les parents et les habitants impliqués ont souhaité bénéficier de la venue de Médiapart à Rosa Parks et à la Maison de quartier de Villejean, le 23 novembre dernier, pour discuter avec des Edwy Plenel et les journalistes et ainsi apporter un écho médiatique à ce combat.
A la suite de cette action, nous avons été reçus par la collaboratrice d’Edwy Plenel qui a accordé beaucoup d’attention à notre combat.
Ainsi, un article rédigé par les parents d’élèves et les professeurs de Rosa Parks est aujourd’hui en ligne sur le site de Mediapart, où nous aurons peut être bientôt un un reportage sur le collège !!! A suivre dans les actualités de janvier.
En attendant, nous avons eu un joli article dans le Ouest France.
En mars 2019, les habitant.es du 7 et 9 rue Recteur Paul Henry décident de se mobiliser pour obtenir des travaux dans leurs appartements. A l’initiative de deux habitantes, une réunion de locataires est organisée le 13 mars 2019 dans leur hall d’entrée afin d’échanger avec leurs voisin.es sur les problèmes de logement et de prévoir d’interpeller le décideur. Lors de cette réunion, les habitant.es ont pu témoigner de leurs problèmes : problème d’isolation, humidité et moisissures, fissures dans les murs, papiers peints qui se décollent, températures très faibles, cage d’escalier vétuste… Le 6 mai 2019, une réunion fut obtenue avec les responsables d’Archipel Habitat. La trentaine de locataires présent.es, a pu témoigner des conditions d’indécence dans lesquelles ils et elles vivaient. Les locataires ont ainsi pu obtenir la réfection de leur cage d’escalier en octobre 2019. Une étude technique des deux immeubles a été réalisée par un cabinet d’expertise afin de comprendre et d’analyser les différents problèmes rencontrés.
Après une attente d’un an et maintes relances, une réponse a été apportée en Novembre 2020 : respectivement 135.000 € et 90.000 € seront attribués sur les exercices 2021 et 2022 pour améliorer la performance thermique des bâtiments. Après approbation des budgets lors du prochain conseil d’administration, et dès que la situation sanitaire le permettra, le programme précis des travaux concernés sera présenté.
Si on s’alliait ? rassemble une diversité d’habitant.es de Rennes (et aussi d’ailleurs ! ) issue de communautés d’appartenance variées : genres, nationalités, âges, religions, loisirs, intérêts, quartiers…
A travers la mise en place de campagnes d’interpellation citoyennes, nous nous organisons quotidiennement afin de nous mobiliser ensemble contre les injustices sociales vécues et améliorer concrètement les conditions de vie de chacun.e.
Décidées et portées par les personnes premières concernées quant aux problèmes à régler, nos campagnes citoyennes s’organisent autour de quatre marches à gravir et nos actions reposent sur les cinq piliers fondamentaux de l’organisation communautaire.
Et puis, dans Si on s’alliait ?, nous nous retrouvons également régulièrement dans des groupes de travail pour réfléchir ensemble au fonctionnement démocratique de l’association, pour découvrir et analyser différentes méthodes d’actions possibles et nous enrichir collectivement des expériences individuelles et collectives vécues.
Analyser les structures de pouvoir. Créer du rapport de force. Ne pas avoir peur de faire conflit. Tisser des colères. Partir de l’intérêt individuel pour créer du commun. Travailler la question de la place des personnes premières concernées et des personnes qui les soutiennent. Dire ce que l’on ne veut plus, et définir ce que l’on veut. Porter des revendications gagnables. Imaginer des actions collectives originales, légales, et non-violentes. Obtenir des petites victoires qui en appellent de plus grandes. Faire alliance, pour mieux partager des savoirs expérientiels de luttes.
Animer des campagnes d’actions collectives, c’est faire l’apprentissage du pouvoir que l’on a. C’est s’éprouver ensemble comme sujets politiques et non plus comme objets pensés par d’autres. Il s’agit là de faire vivre sa citoyenneté au sens fort du terme, celui où sont citoyennes et citoyens, celles et ceux dont l’action vise à créer du droit… Que se soit des lois à l’assemblée nationale, ou plus modestement le règlement intérieur de son bailleur social.
Si on s’alliait ?propose ici d’analyser les conditions qui permettent de peser sur les décideurs locaux pour améliorer concrètement son quotidien ou le quotidien des personnes avec lesquelles on se mobilise. Nous le ferons à travers des lunettes, celles d’un sociologue : Saul Alinsky. Son travail d’analyse du fonctionnement de la mafia d’Al Capone, et son implication dans les luttes syndicales du monde ouvrier aux Etats-Unis au début du 20ème siècle ont inspiré une méthode : le community organizing(organisation de communautés). Une méthode ce n’est rien qu’une méthode, ce n’est pas un guide pratique qu’il faut suivre à la lettre. On s’en inspire, et on l’adapte à son contexte. Elle doit simplement aider à porter un regard tout au long de la démarche que l’on mène. Une méthode enfin, doit s’appuyer sur des perspectives, en l’occurrence ici des perspectives de participation à la transformation sociale.
Public visé
Formation destinée à des professionnel.les souhaitant approfondir leur réflexion sur les dynamiques collectives visant à renforcer le pouvoir d’agir des publics qu’ils accompagnent, en s’appuyant sur les valeurs de l’éducation populaire.
Prérequis et modalité de personnalisation de la formation
Il n’y a aucun prérequis nécessaire pour le suivi de la formation. En fonction de son parcours et de sa volonté, le ou la participant.e pourra suivre une, deux ou trois formations. Dans le dernier cas, un tarif spécifique lui sera accordé.
Objectifs pédagogiques
Ce stage propose aux participant.es de mieux appréhender la question de l’accompagnement collectif de publics dans le but de renforcer leur pouvoir d’agir. A partir de situations concrètes il s’agira :
de s’approprier des outils d’analyse de ce qui renforce ou réduit le pouvoir d’agir,
d’acquérir des méthodes permettant de mettre en place une démarche collective, cohérente et durable, avec les personnes premières concernées par les injustices sociales, pour améliorer leurs conditions de vie et lutter contre les discriminations,
d’apprendre à partager la compréhension de l’environnement institutionnel dans lequel les accompagnant.es et les accompagné.es évoluent,
de faire émerger la parole des personnes premières concernées par les injustices sociales et de la faire entendre auprès des responsables institutionnel.les,
de mettre en place des campagnes citoyennes d’interpellation avec les personnes premières concernées.
Contenus du stage
Partir de l’intérêt individuel pour construire une démarche collective. Les quatre marches de l’action collective. Les quatre démons de l’engagement. Posture inclusive des animateurs.tices avec les participant.es de l’action. Le pouvoir d’agir de qui, pour faire quoi ? Animation de réunion et analyse des dynamiques de groupe. Valoriser la parole de toutes et tous. Construire à partir d’objectifs atteignables pour progresser ensemble. Élaborer des demandes collectives concrètes et les porter auprès des responsables institutionnel.les concerné.es. Imaginer des stratégies d’actions collectives non violentes et emblématiques du problème à traiter.
Compétences et capacités professionnelles visées
construire une démarche collective avec les habitant.es en partant de leurs intérêts individuels, et en suivant les quatre marches de l’action collective : la mobilisation et l’organisation, la demande concrète, l’action collective non-violente et la négociation ;
animer une réunion et construire une démarche collective avec les habitant.es permettant la participation de chacun.e à toutes les étapes du projet, ainsi que la valorisation de leur engagement et de leurs compétences acquises ;
maîtriser les éléments constitutifs du renforcement du pouvoir d’agir des habitant.es les plus éloigné.es des décisions publiques, tels que les faire monter en compétences sur les éléments suivants : prendre la parole en public, mobiliser ses pairs, animer une réunion, élaborer collectivement une solution à des problèmes rencontrés par ses pairs, construire une campagne citoyenne d’interpellation, négocier avec des élu.es ou des responsables d’administration, solliciter et répondre aux média… ;
utiliser le théâtre image (technique issue du théâtre de l’opprimé) pour imaginer la construction d’actions collectives, non violentes et emblématiques du problème à traiter ;
définir avec les habitant.es des solutions collectives à des problèmes rencontrés dans leurs conditions de vie et les porter auprès des responsables institutionnel.les concerné.es ;
identifier les freins à la participation des habitant.es et y remédier.
Moyens pédagogiques
Durant ce stage, seront privilégiées les méthodes de pédagogies actives. Viendront ainsi s’alterner des temps de travail en grand groupe et en petits groupes qui s’adapteront aux besoins des stagiaires. Ils porteront autant autour de récits d’expériences vécues dans leurs contextes professionnels, qu’autour de questionnements et d’aspirations vers une évolution de leurs pratiques : groupes d’interviews mutuelles, débats mouvants, jeux brise-glace, jeux de rôle… Ces outils d’animation participatifs sont issus de l’éducation populaire et permettent la valorisation des expériences et des savoirs de chaque stagiaire, tout en étant complétés par les apports des formatrices.
Spécifiquement pour ce stage, des techniques issus du théâtre de l’opprimé (et plus spécifiquement du théâtre image) pourront être utilisées pour travailler sur les techniques d’actions collectives, non violentes et emblématiques du problème à traiter.
Évaluation
Au quotidien, une feuille d’émargement sera signée chaque matin par les stagiaires, et des points d’étape seront proposés oralement pour faire le point avec le groupe. En fin de stage, un bilan final oral sera collectivement réalisé. Un questionnaire individuel sera également remis aux stagiaires visant d’une part à recueillir leurs ressentis sur la formation, et d’autre part à mieux identifier ce que leur a apporté celle-ci. Enfin, une attestation individuelle de fin de formation indiquant les compétences professionnelles acquises pendant la formation est délivrée à chacun des stagiaires à la fin de la formation.
Nombre d’heures de formation
La formation peut durer de 2 à 5 jours selon les besoins et les désirs des personnes et/ou de la structure souhaitant réaliser cette formation.
Tarifs
Les frais pédagogiques et les frais annexes sont à discuter. N’hésitez pas à nous contacter pour en parler !
Les dates et horaires de la formation sont à adapter avec les participant.es à la formation et/ou avec la structure dont l’équipe souhaite réaliser cette formation.
Lieux et autres conditions matérielles et/ou techniques
Lieu de stage : soit à Rennes, soit au sein de la structure dont l’équipe souhaite réaliser cette formation.
Matériel :
des salles de travail et une cuisine
le matériel de l’association mis à disposition : un vidéoprojecteur, un écran, un ordinateur, du paperboard, de la papeterie et des outils bureautiques ou outils d’animation…
le coin ressources, composé de brochures, revues, livres, DVDs et d’une fiche bibliographique « pour aller plus loin ».
Nombre de stagiaires : le nombre maximum de participants est limité à 15.
Encadrement
Deux formatrices encadreront ce stage. La pluralité des milieux professionnels qu’elles ont traversée constitue une réelle richesse au regard des contenus des stages proposés. Ainsi, en plus de nombreuses expériences associatives et bénévoles (au sein de collectifs de chômeur.euses et précaires, de soutien aux personnes migrantes, de collectifs de femmes…), elles ont connu des expériences professionnelles dans différents domaines, tels que celui du « community organizing » au sein de Si on s’alliait ? depuis quatre ans, celui du travail social au sein d’un Centre Communal d’Action Sociale et d’un Conseil Départemental (Direction Lutte contre les exclusions), de centres sociaux et, enfin dans le domaine de l’éducation populaire, au sein de l’association Emmaüs, du projet Cause Commune et de l’association Genepi.
« La dernière fois que j’y suis allé à leur réunion, ils voulaient que je leur donne mon avis. Mais moi j’ai bien vu que tout était décidé à l’avance !»
« De toute façon c’est toujours pareil, on parle systématiquement à notre place. Et quand on nous demande quelque chose, c’est eux qui savent de quoi on doit causer, et comment on doit le faire ! »
« Mobilisez-les, qu’ils disaient… ! »
« De toute façon c’est toujours les mêmes habitant.e.s qu’on voit. Plus on avance, et moins on est. »
« Pourtant, on en a fait de la com’ dans le quartier ! »
« Comment je fais moi, s’il n’y a plus d’habitant.e.s dans mon comité de pilotage ? »
Participer, mobiliser « les publics »… C’est la petit musique de la démocratie dite « participative ». Les fameux « publics » doivent être placées au cœur du dispositif. Mais ça serait quoi, un dispositif qui irait au cœur « des publics »? Cela ressemblerait à quoi un dispositif qui dépasserait la simple expression des habitant.e.s ?
Parce que les personnes premières concernées sont expertes des réalités qu’elles vivent ; parce qu’elles sont les mieux à-même d’identifier ce dont elles ont besoin, ce à quoi elles ont droit, et le plus souvent comment elles peuvent agir ; « leur » mobilisation est un truc qui mérite qu’on s’y arrête, et qu’on y réfléchisse un peu… et peut-être même un peu beaucoup.
Si on s’alliait ? propose de repenser les places et postures des personnes mobilisé.es, et de celles et ceux qui les mobilisent. Nous étudierons ensemble comment partir de l’intérêt individuel pour créer collectivement du pouvoir d’agir. Il s’agira également de nous approprier des techniques de mobilisation qui s’appuient sur le relationnel pour mieux renforcer les actions que l’on souhaite mener. Cette exploration de la mobilisation s’appuiera d’une part sur des convictions d’éducation populaire, et d’autre part sur la méthode du community organizing (organisation de communautés) portée, en son temps, par Saul Alinsky.
Public visé
Formation destinée à des professionnel.les souhaitant approfondir leur réflexion autour de la question de la mobilisation des habitant.es, et enrichir leur action auprès de différents publics en s’appuyant sur des valeurs de l’éducation populaire.
Prérequis et modalité de personnalisation de la formation
Il n’y a aucun prérequis nécessaire pour le suivi de la formation. En fonction de son parcours et de sa volonté, le ou la participant.e pourra suivre une, deux ou trois formations. Dans le dernier cas, un tarif spécifique lui sera accordé.
Objectifs pédagogiques
Ce stage propose aux participant.es de mieux appréhender la question de la mobilisation des habitant.es et de ses enjeux. A partir de situations concrètes il s’agira :
de s’approprier des outils permettant une attitude réflexive quant à sa pratique,
d’élargir son panel de techniques de mobilisation,
d’acquérir des méthodes visant à faire vivre les actions menées avec les publics concernés.
Contenus du stage
Ce stage propose de croiser deux types de contenus : des savoirs issus du « community organizing» et d’autres issus de l’éducation populaire.
– Outils de mobilisation issus notamment du « community organizing » :
Partir de l’intérêt individuel pour construire une démarche collective. Postures du travail « hors-les-murs ». Techniques d’ « aller-vers » et de mobilisation (l’immersion, le porte-à-porte, le tête-à-tête, le téléphonage). Technique de l’ « enquête conscientisante ». Les quatre marches de l’action collective. Posture inclusive des animateurs et des animatrices avec les participant.es de l’action.
– Outils d’animation issus de l’éducation populaire :
Après le travail sur la mobilisation, travailler sur l’accueil de nouvelles personnes au sein d’un groupe, et notamment de celles qui sont le moins habituées aux réunions et à la prise de parole en public. Animer des réunions inclusives pour chacun.e et analyser des dynamiques de groupe. Prendre en compte la parole de toutes et tous. Privilégier le prévu sur le vécu. Construire à partir d’objectifs atteignables.
Compétences et capacités professionnelles visées
mobiliser un public au travers des outils issus du « comunity organizing » ou travail social communautaire ;
construire une démarche collective avec les habitant.es en partant de leurs intérêts individuels ;
adopter une posture ajustée au travail social « hors les murs » ;
maîtriser les techniques d’aller-vers et de mobilisation suivantes : immersion, porte-à-porte, tête-à-tête, téléphonage ;
maîtriser la technique de l’ « enquête conscientisante » ;
transmettre les outils et les techniques de mobilisation aux habitant.es eux-mêmes ;
identifier les freins à la mobilisation des habitant.es et y remédier ;
permettre l’appropriation par les habitant.es des objectifs de la démarche de mobilisation (en lien avec les quatre marches de l’action collective) ;
préparer et animer une réunion avec des habitant.es : maîtriser des outils d’animation visant à favoriser la dynamique de groupe, stimuler l’expression et la dynamique des personnes, prendre en compte la parole de toutes et tous, s’organiser collectivement à partir d’objectifs atteignables, prendre des décisions au consensus, évaluer un projet ou une réunion…
Moyens pédagogiques
Durant ce stage, seront privilégiées les méthodes de pédagogies actives. Viendront ainsi s’alterner des temps de travail en grand groupe et en petits groupes qui s’adapteront aux besoins des stagiaires. Ils porteront autant autour de récits d’expériences vécues dans leurs contextes professionnels, qu’autour de questionnements et d’aspirations vers une évolution de leurs pratiques : groupes d’interviews mutuelles, débats mouvants, pense-écoute, jeux brise-glace, jeux de rôle, mises en situation concrète… Ces outils d’animation participatifs sont issus de l’éducation populaire et permettent la valorisation des expériences et des savoirs de chaque stagiaire, tout en étant complétés par les apports des formatrices. Spécifiquement pour ce stage, des jeux de rôle sur les démarches d’ « aller-vers », de porte-à-porte, d’immersion, et de « tête-à-tête » seront mis en place. La technique de l’ « enquête conscientisante » sera également expérimentée. Un travail conséquent sera également mené sur les freins et les moteurs de la mobilisation.
Évaluation
Au quotidien, une feuille d’émargement sera signée chaque matin par les stagiaires, et des points d’étape seront proposés oralement pour faire le point avec le groupe. En fin de stage, un bilan final sera collectivement réalisé. Un questionnaire individuel sera également remis aux stagiaires visant d’une part à recueillir leurs ressentis sur la formation, et d’autre part à mieux identifier ce que leur a apporté celle-ci. Enfin, une attestation individuelle de fin de formation indiquant les compétences professionnelles acquises pendant la formation est délivrée à chacun des stagiaires à la fin de la formation.
Nombre d’heures de formation
La formation peut durer de 3 à 10 jours selon les besoins et les désirs des personnes et/ou de la structure souhaitant réaliser cette formation.
Tarifs
Les frais pédagogiques et les frais annexes sont à discuter. N’hésitez pas à nous contacter pour en parler !
Les dates et horaires de la formation sont à adapter avec les participant.es à la formation et/ou avec la structure dont l’équipe souhaite réaliser cette formation.
Lieux et autres conditions matérielles et/ou techniques
Lieu de stage : soit à Rennes, soit au sein de la structure dont l’équipe souhaite réaliser cette formation.
Matériel :
des salles de travail et une cuisine
le matériel de l’association mis à disposition : un vidéoprojecteur, un écran, un ordinateur, du paperboard, de la papeterie et des outils bureautiques ou outils d’animation…
le coin ressources, composé de brochures, revues, livres, DVDs et d’une fiche bibliographique « pour aller plus loin ».
Nombre de stagiaires : le nombre maximum de participant.es est limité à 15.
Encadrement
Deux formatrices encadreront ce stage. La pluralité des milieux professionnels qu’elles ont traversée constitue une réelle richesse au regard des contenus des stages proposés. Ainsi, en plus de nombreuses expériences associatives et bénévoles (au sein de collectifs de chômeur.euses et précaires, de soutien aux personnes migrantes, de collectifs de femmes…), elles ont connu des expériences professionnelles dans différents domaines, tels que celui du « community organizing » au sein de Si on s’alliait ? depuis quatre ans, celui du travail social au sein d’un Centre Communal d’Action Sociale et d’un Conseil Départemental (Direction Lutte contre les exclusions), de centres sociaux et, enfin, dans le domaine de l’éducation populaire, au sein de l’association Emmaüs, du projet Cause Commune et de l’association Genepi.
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Si cette formation vous fait envie, n’hésitez pas à nous contacter par mail : sionsalliait[at]gmail.com
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